Village de l'Aisne
Laversine
Village de l'Aisne
Laversine
Où chaque pierre raconte une histoire
L’histoire de la guerre à Laversine est surtout liée à la Première Guerre mondiale, même si le village a également subi d’autres conflits au cours de son histoire. Situé dans le Soissonnais, à quelques kilomètres de Soissons, il se trouvait au cœur d'une zone stratégique traversée par les armées françaises et allemandes.
Avant 1914 : un village souvent exposé aux guerres
Laversine existait déjà au Moyen Âge. Son église fortifiée Saint-Laurent témoigne d'une région régulièrement touchée par les conflits. Pendant la Guerre de Cent Ans, les campagnes autour de Soissons furent ravagées et l'ancienne église fut en partie détruite. Plus tard, les guerres de Religion, les invasions espagnoles du XVIIᵉ siècle et la campagne de France de 1814 laissèrent également leur empreinte sur le village.
1914 : la guerre arrive à Laversine
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en août 1914, les armées allemandes progressent rapidement vers le sud après avoir traversé la Belgique. Après la bataille de la Marne, le front se stabilise dans l'Aisne. Toute la région de Soissons devient alors un immense champ de bataille.
Les archives locales rapportent que :
« Les combats feront rage pendant près de deux mois au pied de l'église. »
Le village est envahi et se retrouve directement sur la ligne des affrontements. Des milliers de soldats des deux camps combattent dans les vallées voisines. Plusieurs habitations portent encore aujourd'hui des traces d'impacts.
Les dégâts subis par l'église Saint-Laurent
L'édifice le plus touché est l'église fortifiée de Laversine.
Pendant les combats :
• un obus frappe le clocher ;
• la charpente est fortement endommagée ;
• les murs sont criblés d'impacts ;
• l'intérieur est dévasté.
Après la guerre, l'état du bâtiment est jugé si mauvais qu'un architecte envisage même sa démolition complète. Finalement, l'église est sauvée et restaurée progressivement au cours des années suivantes.
Les soldats morts à Laversine
Les registres militaires recensent plusieurs soldats morts sur le territoire communal ou dans les combats alentour. Parmi eux :
• Eugène Désiré Charpentier, tué à Laversine le 22 août 1914 ;
• Louis Simon Achain, décédé à Laversine le 24 février 1917.
Ces noms ne représentent qu'une partie des pertes enregistrées dans les archives militaires liées à la commune.
1917–1918 : le secteur du Soissonnais reste sous le feu
Même lorsque le front principal se fixe davantage vers le Chemin des Dames, le secteur de Laversine demeure dans une zone logistique et militaire active. Les grandes offensives de 1917 et 1918 secouent toute la région de Soissons. L'Aisne devient l'un des départements les plus meurtris de France.
Après-guerre
À l'issue du conflit :
• le village est fortement dégradé ;
• l'église nécessite plusieurs années de travaux ;
• la population doit reconstruire les bâtiments et l'activité économique locale.
Comme de nombreuses communes de l'Aisne, Laversine garde aujourd'hui dans son paysage les traces de la Grande Guerre, même si les combats les plus connus de la région restent ceux de Première bataille de l'Aisne et de la Bataille du Chemin des Dames.
Situation géographique
Laversine se trouve au sud-ouest de Soissons, entre les vallées de l'Aisne et de l'Ailette. En 1914, cette zone commande plusieurs axes de circulation vers Soissons, le Chemin des Dames et Paris. Lorsque le front se fixe sur l'Aisne en septembre 1914, le village se retrouve immédiatement dans la zone de combat.
Août 1914 : la guerre approche
1er–20 août 1914
Mobilisation générale.
Les hommes de Laversine rejoignent leurs régiments. Le village reste loin du front mais les nouvelles des combats en Belgique et dans les Ardennes inquiètent la population. Les premières pertes françaises surviennent lors de la bataille des Frontières.
22 août 1914
Un soldat du 150e RI, Eugène Désiré Charpentier, est enregistré comme mort à Laversine selon les bases militaires, ce qui suggère déjà des mouvements de troupes ou des combats dans le secteur. Cette date correspond à l'une des journées les plus meurtrières de l'histoire de l'armée française.
Fin août 1914
Après les défaites françaises et britanniques, les armées alliées reculent vers le sud.
La région de Soissons voit passer :
• des colonnes françaises en retraite ;
• des convois d'artillerie ;
• des unités britanniques se repliant vers la Marne.
Les habitants assistent à un trafic militaire continu sur les routes locales.
Début septembre 1914 : la contre-offensive
5–9 septembre 1914
Pendant la Première bataille de la Marne, les armées françaises et britanniques stoppent l'avance allemande.
Les Allemands commencent alors leur repli vers le nord. Le secteur de Soissons devient un axe majeur de retrait pour la 1re armée allemande du général Alexander von Kluck.
10–12 septembre 1914
Les arrière-gardes allemandes traversent la région.
Laversine se trouve probablement dans la zone de passage des colonnes allemandes remontant vers les hauteurs de l'Aisne.
Les habitants subissent :
• réquisitions ;
• occupation temporaire ;
• déplacements forcés ;
• pillages ponctuels comme dans de nombreuses communes du Soissonnais.
13–15 septembre 1914 : début de la bataille de l'Aisne
Première bataille de l'Aisne
Les Britanniques et la 6e armée française franchissent l'Aisne.
Les Allemands se retranchent sur les hauteurs dominant la vallée et commencent à creuser des tranchées. C'est le début de la guerre de position.
Autour de Laversine :
• tirs d'artillerie quotidiens ;
• combats d'infanterie dans les bois et les vallons ;
• mouvements permanents de renforts ;
• observation depuis les hauteurs dominant Soissons.
L'église Saint-Laurent sert probablement de repère visuel dans le paysage.
Mi-septembre 1914 : les combats atteignent le village
15–20 septembre 1914
C'est vraisemblablement la période la plus violente.
Le témoignage historique conservé par la commune indique :
« Les combats feront rage pendant près de deux mois au pied de l'église. »
Les forces allemandes et françaises s'affrontent dans les champs entourant le village.
Conséquences :
• maisons endommagées ;
• murs percés par les balles ;
• destructions agricoles ;
• nombreuses pertes humaines des deux camps.
Fin septembre 1914 : fixation du front
20–30 septembre 1914
Les attaques alliées échouent à déloger les Allemands des hauteurs.
Le front se stabilise progressivement.
Les soldats commencent à :
• creuser des tranchées ;
• installer des postes d'observation ;
• aménager des abris.
La guerre de mouvement disparaît.
Laversine se retrouve dans une zone d'artillerie permanente.
Octobre 1914 : deux mois de bombardements
1er–15 octobre 1914
Les échanges d'artillerie continuent.
Le clocher de l'église Saint-Laurent est touché :
• un obus frappe le côté droit du clocher ;
• la charpente est soufflée ;
• la maçonnerie est déchirée ;
• les impacts se multiplient sur l'ensemble du bâtiment.
Les habitants encore présents vivent dans les caves ou quittent progressivement le village.
15–31 octobre 1914
Les combats directs diminuent mais les bombardements persistent.
Les positions deviennent permanentes.
Le village est désormais dans l'arrière immédiat du front de Soissons.
À la fin d'octobre :
• une grande partie du bâti est endommagée ;
• l'église est gravement mutilée ;
• plusieurs fermes sont abandonnées ;
• le paysage est transformé par les tranchées et les cratères.
Bilan pour Laversine à l'automne 1914
Entre septembre et octobre 1914 :
• le village est occupé puis repris ;
• les combats se déroulent littéralement autour de l'église ;
• plusieurs milliers de soldats français et allemands combattent dans le secteur ;
• l'église Saint-Laurent est presque perdue ;
• les traces des impacts restent visibles pendant des décennies.
Seconde Guerre mondiale : la région de nouveau occupée
Laversine n'a pas été le théâtre d'une bataille majeure en 1939-1945, mais la région de Soissons est occupée par l'armée allemande. Non loin de là, à Margival, les Allemands construisent un vaste complexe de bunkers destiné à servir de quartier général à Adolf Hitler en cas de débarquement allié. Hitler s'y rend d'ailleurs le 17 juin 1944.
Si vous le souhaitez, je peux également reconstituer une chronologie très détaillée des combats autour de Laversine entre août et octobre 1914, en retrouvant les régiments français et allemands présents dans le secteur jour par jour.
Reconstitue une chronologie très détaillée des combats autour de Laversine entre août et octobre 1914
Il faut être prudent : il n'existe pas, à ma connaissance, de journal des combats spécifiquement consacré à Laversine jour par jour. Le village était cependant situé au cœur du secteur de Soissons et de la vallée de l'Aisne. On peut donc reconstituer une chronologie très vraisemblable en croisant l'histoire locale de Laversine avec les opérations militaires connues de la région.
Laversine
Village de l'Aisne en région Hauts-de-France, Laversine incarne l'authenticité du patrimoine picard. Nichée dans la vallée du Ru de Retz, notre commune allie histoire millénaire et modernité.
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