La deuxième bataille De La MARNE

Extrait du guide illustrés Michelin Des champs de bataille

carte


Les combats de 1918.

De SAINT-PIERRE-AIGLE à AMBLENY la route va suivre une petite rivière appelée le rû de Retz, dont les rives ont été, de juin à juillet 1918, le théâtre de longs et de violents combats. Le 1er juin, quelques éléments ennemis poussèrent jusqu'à la rivière, mais furent bientôt refoulés par les troupes françaises. A CŒUVRES, les sapeurs du 33e génie firent le coup de feu et défendirent le village.

 C'est sur cette région que porta le principal effort de l'offensive allemande des 12-13 juin, dont le but était de déborder la FORÊT DE VILLERS-COTTERETS par le nord. Le 12 juin, l'ennemi ne put avancer du côté d'AMBLENY, mais parvint au ravin, à l'est de LAVERSINE, pénétra dans CŒUVRES, VALSERY et SAINT-PIERRE-AIGLE et rejeta les troupes françaises vers MONTGOBERT.

 Le 13, après de terribles combats, au cours desquels il n'avança que pied à pied, il réussit à emporter LAVERSINE, mais ne put déboucher de COEUVRES ni progresser à l'ouest de la FERME VERTES-FEUILLES. Violemment bombardé et attaqué par les chars d'assaut, il subit de grosses pertes; la 11e D. bavaroise fut fort éprouvée par les obus toxiques dans la région de COEUVES; deux compagnies notamment, en soutien à CUTRY, furent presque entièrement intoxiquées. Le 14, l'ennemi, essoufflé et décimé, était contenu partout. 

Dès le 15, les contre-attaques françaises le rejetaient de CŒUVRES et de VALSERY; un bataillon de zouaves captura 130 prisonniers et 7 mitrailleuses dans COEUVRES ; le 17, la progression continua à l'est d'AMBLENY, au sud de VALSERY et de MONTGOBERT ; le 28 juin, une attaque sur 7 kilomètres, du sud d'AMBLENY à l'est de MONT GOBEET permit de regagner près de 2 kilomètres en profondeur : les villages fortifiés de FOSSE-EN-HAUT, LAVERSINE, les hauteurs nord-ouest de CUTRY et les croupes sud de SAINT-PIERRE-AIGLE furent enlevées et près de 1.100 prisonniers capturés ; le lendemain, à deux reprises, les Allemands tentèrent de reprendre les positions perdues, mais se firent durement repousser. Les troupes françaises harcelèrent sans cesse l'ennemi, à la fin de juin, dans la région de SAINT-PIERRE-AIGLE ; la 14e D. allemande, très éprouvée, dut être relevée par la 42e D., venue du front de Lens.

 Le 28 juin au matin, deux bataillons de zouaves de la 153e D.I. et des chars d'assaut soutenus par l'artillerie de la division du Maroc, emportaient, le plateau de CUTRY et s'emparaient de 7 officiers, 32 sous-officiers, de 164 hommes, de 25 mitrailleuses, de 5 minen et d'un canon de 77.

Le 1er juillet, un centre de résistance au nord de CUTRY tombait, le 2, SAINT-PIERRE-AIGLE était repris et les contre-attaques de l'ennemi brisées. Du 13 au 15 juillet, le rû de Retz était finalement dégagé par la prise de MONTECOUVE, le PETIT CHAFOSSE et le JARDIN, tenus par la 470 D.R. allemande.

Toutes ces attaques locales avaient eu pour but de constituer, sur la rive est du rû, une base de départ pour une contre-offensive de grande envergure projetée depuis quelques semaines et décidée depuis le 12 juillet. Cette contre-offensive éclata, soudaine et irrésistible, le 18 au matin l'armée Mangin bouscula les forces allemandes ; elle avança rapidement sur le plateau de CHAUDUN et, au nord, jusqu'à moins de 3 kilomètres de SOISSONS.

Coeuvres

DANS CŒUVRES.
Prisonniers allemands conduits par un cavalier américain.


En suivant la route de SAINT-PIERRE-AIGLE à CŒUVRES, on aperçoit, à gauche el de l'autre côté du rû, la ferme et le château dévastés de VALSERY.
Valsery est une dépendance de CŒUVRES. Une abbaye de Prémontrés y fut fondée au XIIe siècle et donna naissance à un petit village.
On arrive ensuite à Coeuvres (photo ci-dessus).
Tourner à gauche dans le village et passer le pont pour aller à l'église dont le clocher est décapité. La partie ouest de l'église est effondrée.
C'est près de Coeuvres qu'une des découvertes les plus importantes pour la paléontologie fut faite, en 1861. On a trouvé dans un terrain formé de calcaires grossiers descendus de la colline et de silex coulés, une énorme quantité d'ossements fossiles de grands animaux : éléphants, chevaux, boeufs, ours.

Les premiers seigneurs de COEUVRES furent les comtes de Soissons, qui en firent un vicomté pour un puîné de leur maison. Au XVe siècle, CŒUVRES passa à la maison d'Estrées. Jean II d'Estrées, grand-maître de l'artillerie de France, fut l'inventeur des canons de bronze.
Revenir jusqu'au pont que l'on ne traversera pas ci tourner à gauche vers Cutry.
Deux lignes de barbelés coupaient la route à la sortie.

A la bifurcation, prendre à droite 1'I. C. 44. Passer la rivière.
On rencontre encore les lianes barbelés qui couvraient CŒUVRES.
On montera jusqu'à l'église de CUTRY par la roule eu lacets (photo ci-dessous).
Cutry


L'ÉGLISE DE CUTRY.

laversine


LE VILLAGE DE LAVERSINE.


La nef et l'abside sont détruites. De ce point la vue est très belle.
Dans le cimetière de CUTRY se trouvent les tombes des soldats du 142e d'infanterie tués le 27 juillet.
Revenir par le même chemin.
NOTA. --- On peut également monter à l'église plus directement par un raidillon qui prend dans la route au bas de la hauteur, mais ce chemin est très raide et étroit. Il peut cependant être fait en automobile. Si on le prend à l'aller, on redescendra par la grande route et inversement.
En descendant de CUTRY, continuer tout droit vers Laversine.
Ce village était une ancienne propriété de l'abbaye de Saint-Denis, qui la légua au duc d'Estrées, au XVIe siècle.
Traverser tout droit LAVERSINE Vers COURTANSON par le G. C. 17. Les arbres, le long de la rivière qu'on suit, sont dévastés.
Après avoir traversé COURTANSON On aperçoit Saint-Bandry sur la gauche. On tournera à gauche vers le village, puis on ira jusqu'à l'église en ruines.

St Bandry


L'ÉGLISE DE SAINT-BANDRY. Dans la maison du charron qu'on aperçoit sur la route, 

derrière l'église, sont de profondes caves du Moyen Age.

St Bandry 2



L'ÉGLISE DE SAINT-BANDRY.

Dans le cimetière, on trouve les tombes des soldats du 164e et du 263e d'infanterie, des tirailleurs, de la légion étrangère, tués le 18 juillet. A côté de l'église, dans la maison détruite du charron, se trouvent des caves très profondes, voûtées en ogives, qui sont d'anciens souterrains où s'abritaient les troupes. Il existe de nombreuses caves de ce genre dans le village.
Revenir au G. C. 17 et tourner à gauche vers Ambleny.
Le village doit remonter à l'époque mérovingienne. Il appartenait, au Xe siècle, aux chanoines de la Cathédrale de Soissons, qui en confièrent la garde au seigneur de Pierrefonds.

Donjon


LE DONJON ET L'ÉGLISE D'AMBLENY.

Ambleny


L'ÉGLISE D'AMBLENY.

Ambleny 2



LE CHEVET DE L'ÉGLISE D'AMBLENY EN 1917.
Rapprocher cette vue de la vue au-dessus

Ambleny 3


LE CHEVET DE L'ÉGLISE D'AMBLENY EN 1918.


Celui-ci y construisit un chàteau-fort où les chanoines avaient le droit de se retirer et dont ils remettaient la défense en temps de guerre à un capitaine.
A 500 mètres dans le village, prendre d'abord à gauche puis à droite vers le château-fort que l'on voit à droite.
Du château, il ne reste que le donjon, du XIIIe siècle, formé de 4 tours rondes reliées par un mur de courtines, très étroit ; cette forme de quatre feuilles est celle de la TOUR D'ETAMPES (photo ci-dessus).

Tourner à droite et descendre le long du donjon pour arriver à l'église en ruines.
Bâtie dans la seconde moitié du XIIe siècle, elle a été remaniée au XIIIe et au XVIe siècles. La façade, avec portail en tiers-point, est du XIIIe siècle. Le clocher était du XIIIe siècle. La nef est voûtée d'ogives ; ses arcades en tiers-point retombent sur des chapiteaux à crochets. Le transept, seul débris du XIIe siècle, a des chapiteaux gracieusement décorés.

AMBLENY perdu dans la nuit du 3 au 4 juin 1918, fut repris dans les deux nuits suivantes par le 4e tirailleurs et la Légion étrangère.
Continuer tout droit, puis tourner à droite pour passer la rivière.

A la bifurcation après la rivière, prendre à gauche vers le cimetière qu'on longe. A la bifurcation suivante, continuer tout droit. La vallée qu'on suit est saccagée ; on y voit encore de nombreux barbelés, des tranchées, des dépôts, etc.
Continuer jusqu'à la rencontre de la N. 31 dans laquelle on tourne à droite. Des tranchées et des barbelés avaient été installés tout le long de la Nationale, ainsi que des dépôts, des abris, etc.
On traverse un passage à niveau, puis on prend la première roule à droite vers Pernant.
On traverse de nouveau un passage à niveau, puis on prend à droite vers l'église........